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3 questions à Fabien Sudry– Préfet du Pas-de-Calais

L’égalité femmes-hommes est grande cause nationale du quinquennat, comment cela se décline dans le département ?

Depuis plusieurs années un travail d’envergure est mené avec les collectivités sous l’impulsion de l’État. Une vaste campagne de sensibilisation et de formation de l’ensemble des acteurs qu’ils soient institutionnels, étatiques, associatifs a fait émerger des initiatives innovantes. Cette prise de conscience collective nous encourage a expérimenter de nouvelles modalités d’accompagnement des femmes dans leur parcours de vie. Le fait que l’égalité femmes-hommes soit Grande Cause du quinquennat donne un élan supplémentaire à notre action. Elle se décline en particulier dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Justement, la question des violences occupe le devant de l’espace public depuis un an, que fait l’État pour agir contre les violences dans le Pas-de-Calais ?

Notre département est fortement concerné par ce sujet. Si la délinquance globale est en constante diminution, les atteintes aux personnes et précisément les violences sexuelles et intrafamiliales augmentent. Face à ce constat, j’ai demandé aux services de l’Etat de construire un Plan d’action départemental de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Il est le fruit d’une concertation étroite avec le Département, les collectivités et les associations. Il se veut concret et pragmatique. Par exemple, une cartographie des acteurs spécialisés est disponible sur ce site pour tout les publics, particuliers comme professionnels. Une cellule de traitement des violences sexistes et sexuelles a été crée au commissariat de Lens. Composée d’agents spécialisés, elle est en capacité de proposer des rendez-vous rapidement aux victimes, ce qui évite des explications douloureuses à l’accueil du commissariat.  Le dépôt de plainte est préparé et donc facilité. Une orientation efficace est possible vers les acteurs de l’hébergement, du logement ou tout autre service nécessaire. Notre objectif premier est d’apporter une réponse rapide et efficace aux victimes. Nous devons leur faciliter leur parcours. 

On sait aujourd’hui que l’égalité passe par la mobilisation transversale de tous les services, comment cela se met en place dans le Pas de Calais ? 

Faire avancer l’égalité femmes-hommes appelle à une double exigence. D’abord, celle que nous devons avoir en qualité d’employeur. Aujourd’hui, les services de l’État comme les collectivités ont l’obligation d’identifier les inégalités internes au travers de leur bilan social et de construire un plan d’action pour réduire ces inégalités. Ils ont également l’obligation de prévenir et prendre en charge les violences qui pourraient s’exercer dans leurs services. Des cellules d’écoute et d’accompagnement ont été installées par les ministères. Des protocoles de prise en charge sont en cours d’élaboration. La deuxième exigence concerne la mobilisation des acteurs publics au travers des politiques publiques qu’ils déploient. En la matière dans le Pas-de-Calais, les travaux menés sur la Politique de la Ville en sont un bon exemple. En effet, l’engagement collectif amène à intégrer l’égalité femmes-hommes dans l’ensemble des actions financées. Cela signifie concrètement que nous apportons une attention toute particulière à ce que les crédits bénéficient aux femmes comme aux hommes et que les actions ne reproduisent pas d’inégalité.